De l’Antiquité au Haut Moyen-Age

Côté histoire

© Claude Jacquot

Le relief particulier de la colline de Laon, avec ses pentes très escarpées la prédispose très tôt à être utilisée comme forteresse.

Peu avant le début de l’ère chrétienne, les Gaulois ont déjà bâti un oppide au camp retranché fortifié sur la pointe orientale du plateau de Laon.

À l’époque romaine, César occupe Reims et l’ensemble de la population de la province se range à ses côtés en 57 av. J.C., épisode relaté dans la Guerre des Gaules.

Il installera même une garnison sur la colline de Bibrax, dont on a longtemps cru qu’il s’agissait de la colline de Laon.

Ce qui est certain est le développement d’un castrum au niveau de la cité médiévale actuelle, autour de laquelle les habitants vont se cristalliser. Ainsi se formera une petite ville, et apparaîtra la dénomination de Lugdunum (même étymologie que Lyon). Le nom de la ville variera beaucoup au cours des siècles (on relèvera notamment Laudanum, Lauduni, Loon, Loom, Montloon, Laon – Le – Cloué, etc…)

Au cours des premiers siècles de l’ère chrétienne, Laon n’est qu’une petite ville, dépendant du diocèse de Reims, avec laquelle elle n’a que peu de rapports, du fait notamment des difficultés de communication.

C’est à Saint Rémy, Archevêque de Reims, que la ville de Laon doit véritablement son premier essor (n’oublions pas qu’il serait né non loin de Laon, à proximité du Chemin des Dames, où ses parents étaient propriétaires terriens). Vers 497, il fonde un évêché et érige en cathédrale l’église Sainte Marie.

Les établissements religieux, ajoutés à la place forte militaire, attirent une population croissante qui se fixe principalement dans la Cité (le quartier actuel autour de la cathédrale), protégée par des fortifications. Le Bourg, qui ne sera entouré de remparts qu’au XIIe siècle, s’étendra surtout à partir du IXème siècle.

Lorsque Charles Martel meurt en 741, son royaume est partagé entre ses trois fils : Pépin, Carloman et Griphon. Ce dernier, s’estimant lésé dans le partage, se révolte contre ses frères et se réfugie à Laon. Pépin et Carloman assiègent la ville. Laon se rend et Griphon est emprisonné.

À la fin du IXème siècle, les Normands envahissent la région de Laon. En 882, ils tentent en vain d’investir la Cité et ravagent le Bourg ainsi que le quartier de la Villette Saint Vincent, détruisant les églises et les abbayes (celles de Saint Jean du Bourg, Saint Hilaire Saint Vincent) qui seront remaniées par la suite.

À la fin de la dynastie carolingienne, Laon se retrouve « capitale » du Royaume – d’un royaume, il est vrai, relativement réduit, où l’autorité du roi est faible et le trône sans cesse disputé. Le Palais Royal est situé à côté de l’Abbaye Notre Dame, près de la Porte Royée (qui deviendra la Porte d’Ardon). Construit du temps de Clovis, il sera bientôt désaffecté et tombera en ruines au XIIème siècle. Charles III Le Simple, Louis IV d’Outremer, Lothaire et Louis V se succèdent à Laon sur le trône de France. Lorsque Charles III Le Simple est détrôné, le nouveau roi, Raoul de Bourgogne, accorde le comté de Laon à Herbert. Celui – ci, en 928, fait construire un château fort sur l’extrémité occidentale de la montagne, en un lieu nommé Gaillot. Il sera détruit en 1411.

C’est Louis d’Outremer qui en 938, fait construire l’imposante tour, qui porte son nom, contre la porte Mortée.

En 987, Louis V, dernier roi carolingien, cède le trône à Hugues Capet. Le fils de Hugues Capet est encore couronné à Laon, en 996, alors que la ville a déjà cessé d’être capitale du royaume.

Avec le début de la dynastie Capétienne, le pouvoir politique bascule à Paris et Laon se retire des grandes luttes du temps. Un nouveau palais royal est cependant construit sous Louis VII mais il ne reçoit que rarement les visites royales.

Saint Louis, venu à Laon, en 1270, est encore logé dans l’ancien palais, déjà en parti en ruine.