La mutation en ville préfectorale

Côté histoire

Vue aérienne de la Montagne Couronnée de Laon © Société des 4 Vents

En 1790, l’Assemblée constituante choisit Laon, aux dépens de Soissons, comme chef-lieu du département de l’Aisne.

La nouvelle administration se fixe dans la maison claustrale de Saint Jean. La ville perd alors son statut d’évêché.

Malgré la modération de l’administration, le patrimoine architectural a considérablement souffert des excès de la Révolution.

Les laonnois se ruent sur la Tour Louis d’Outremer, armés de pioches et d’outils divers, mais les murs de la tour, épais, résistent à l’ardeur populaire. La Porte Mortée, la Chapelle de la Trinité sont abattues. De nombreuses églises seront démolies : Saint Geneviève, Saint Cyr, Saint Vincent, Église des Capucins, Église des Cordeliers.

En 1790, la population de Laon (y compris ses faubourgs) est réduite à 7 000 habitants.

À l’avènement de Napoléon, les établissements religieux sont rétablis, les ecclésiastiques émigrés reviennent au pays. Des établissements d’utilité publique sont créés, comme la communauté des sœurs de la Providence.

En 1815, Laon, privée de défense, est contrainte d’ouvrir ses portes aux troupes cosaques et prussiennes, placées sous le commandement du maréchal Blücher. L’armée de Napoléon ne parvient pas à reprendre la ville.

Les laonnois subissent l’humiliation d’une nouvelle occupation prussienne lorsque, Louis XVIII ayant rétabli la dynastie des Bourbons, le général Langeron commandant de la garnison de Laon livre la ville aux armées de Prusse, par ordre du ministère français de la guerre.

C’est alors le temps des transformations du paysage urbain : l’ancienne église Saint Rémy à La Place est convertie en salle de spectacles en 1807.

En 1831, la Tour Louis d’Outremer et le palais de la Cour du Roi qui avaient résisté à l’incendie de 1112 et au vandalisme révolutionnaire sont abattus pour faire place à l’Hôtel de Ville.

L’ancien couvent de la Congrégation est quant à lui transformé en prison.

La ville se modernise au XIXème siècle, le chemin de fer s’y implante en 1857. Un tramway à crémaillère est construit pour relier la ville haute à la gare.

Assez peu touchée par les occupations de 1870 et de la première guerre mondiale, les bombardements de 1944 causeront de plus amples dégâts, notamment aux abords de l’abbaye Saint Martin et tout autour du quartier de la gare.

Le cœur historique restera paradoxalement relativement préservé des destructions.

C’est surtout dans l’après – guerre que les faubourgs de plaine se développent et que de nouveaux quartiers sont créés (on pense ainsi au Quartier Champagne, mais aussi au Quartier Marquette, lieu de résidence des familles des troupes américaines basées à Couvron).

La ville basse est reliée au plateau depuis 1989 par le POMA, premier métro câblé automatique de France.